The Fall. Albert Camus

Publié le par Tactile

Jean-Baptiste Clamence est exilé à Amsterdam où il noie son remord au bord des canaux et dans les liqueurs servies à Mexico City le bar d’où il officie. Cet ancien avocat à succès livre un monologue ininterrompu décrivant son parcours et les circonstances qui l’ont amené à sa chute. Un terrible trauma né dans la culpabilité de ne pas avoir aidé une femme se jetant dans la Seine lui mine le moral et le change irrémédiablement. Dès lors il devient taciturne ne supportant plus l’homme qu’il est devenu.

 

« Ok. You’ll be cleaned up. Here’s a job, a family, and organized leisure activities. »

 

Pourtant, Clamence commence son autobiographie-monologue avec un auto-portrait plutôt flatteur : homme de bien, séduisant, libertin, cultivé et généreux. L’homme moderne qui présente un côté humaniste très en phase avec les questions de son époque et qui au détour d’une balade et de cet accident dont il n’est pas responsable se sent tout à coup envahit d’une terrible culpabilité.

 

« That’s the way man is, cher monsieur. He has two faces : he can’t love without self-love. »

 

Cette culpabilité individuelle est la métonymie de la culpabilité collective qui à travers le narcissisme et l’égoïsme du narrateur éclabousse les contemporains de Camus. Un livre existentialiste donc, sous forme d’auto-critique acerbe et lucide qui amène le lecteur à cette conclusion : tout le monde est coupable et de ce fait personne ne peut s’octroyer le droit de critiquer ses semblables.

 

« Martyrs, cher ami, must choose between being forgotten, mocked, or made use of. As for being understood-never ! »

 

La chute, The Fall, est un titre vertigineux qui décrit à merveille la décadence de la société telle que Camus la conçoit. En partant d’une expérience individuelle, l’auteur extrait des concepts philosophiques qui questionnent la relation entre le moi et le je. Camus conclue en affirmant que l’auto-critique sans complaisance est la solution aux maux de l’homme moderne.

 

« Yes, cher ami, bourgeois marriage has put our country into slippers and will soon lead it to the gates of death. »

 

En parallèle des concepts philosophiques, il est intéressant de lire ce portrait d’une société égoïste, irresponsable et tournée vers le divertissement. L’écriture est simple mais les concepts sont riches, je regrette de l’avoir découvert en anglais (cadeau de mon frère) mais le livre ne pâti pas de la traduction. A lire, comme tous les Camus !

 

« The more I accuse myself, the more I have a right to judge you. »

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