Cannery Row. John Steinbeck

Publié le par Tactile

Cannery Row est un lieu qui s’articule autour d’une usine à sardine. Il y a le port, la marine nationale, l’échope de Lee Chong le chinois, le labo de biologie maritime du Doc, les taudis qu’habitent les Molloy ou Mack et ses gars, le bateau en perpétuelle évolution de Henri, ou encore le bordel du Bear Flag tenu par Dora. Tout ce petit monde est un lieu, une histoire, une alchimie d’où se raconte une existence ordinaire.

 

« Hazel loved to hear conversation but he didn’t listen to words - just to the tone of conversation. He asked questions, not to hear the answers but simply to continue the flow. »

 

Des histoires simples avec des hommes simples c’est la signature de Steinbeck. Mais ne vous y trompez pas car l’histoire importe peu ce qui compte ce sont les observations distillées dans le texte qui apportent une touche philosophique à son écriture. Des petits rien qui donnent à penser.

 

« And so he stopped trying to tell the truth. He said he was doing it on a bet - that he stood to win a hundred dollars. Everyone liked him then and believed him. {...} Doc still loved true things but he knew it was not a general love and it could be a very dangerous mistress. »

 

Steinbeck produit des histoires sans épopées, tout est axé sur ces hommes simplement extraordinaires de justesse mais sans prétention. L’auteur n’essaye même pas de rentrer dans la psychologie de ses personnages, il laisse le récit les construire aux yeux du lecteur.

 

« I been sorry all my life. This ain’t no new thing. It’s always like this. He swallowed deeply from his glass. I had a wife, Mack said. Same thing. Ever’thing I done turned sour. She couldn’t stand it any more. »

 

À travers le récit sont délivrées quelques phases brillantes issues de tranches de vies ordinaires mais qui résonnent probablement dans nos imaginaires collectifs. Il y a de l’universalité à travers la simplicité des personnages.

 

« Look at them. There are your true philosophers. I think. He went on. That Mack and the boys know everything that has ever happened in the world and possibly everything that will happen. I think they survive in this particular world better than other people. In a time when people tear themselves to pieces with ambition and nervousness and covetousness, they are relaxed. All of our so-called successful men are sick men, with bad stomachs, and bad souls, but Mack and the boys are healthy and curiously clean. They can do what they want. They can satisfy their appetites without calling them something else. »

 

Chez Steinbeck pas de protagoniste au cuir luisant. Il faut savoir apprécier le rythme précis et pourtant langoureux du texte, se faire sa propre idée car il n’y a aucune notion de jugement dans son écriture. Ca paraît terne et pourtant ça brille d’universalité. Quand je lis du Steinbeck je suis comme devant un tableau de Millet.

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