Hollywood. Charles Bukowski

Publié le par Tactile

Hollywood est une histoire imbriquée, l’histoire d’une histoire, celle de l’écriture d’un scénario pour le septième art. Toute ceci est authentique puisque c’est l’histoire de Bukowski écrivant Barfly, réalisé par Barbet Schroeder avec Mickey Rourke et Faye Dunaway. C’est d’ailleurs assez caustique de trouver un avertissement en début de bouquin expliquant que le livre n’est qu’une fiction et que toute ressemblance avec des faits ou des personnes réelles serait fortuit. Hors, des ressemblances, on en trouve de nombreuses. Par exemple le fameux Jean-Luc Modard, capricieux réalisateur français.

 

« I was into it. All you needed was the first line, then everything followed. It was always there,  it only needed something to set it running. »

 

Dans Hollywood, Chinaski, aka Bukowski, se voit confier l’écriture d’un scénario où on lui donne carte blanche. Il mène une vie confortable, des royalties lui sont versées en avance et ce nouvel univers le perturbe. Lui qui a fait de la spontanéité sa marque d’authenticité, de la misère sa motivation, des lieux sordides son inspiration se retrouve projeté dans un monde dont il ne maîtrise pas les codes, ce qui lui fait se sentir bourgeois et angoissé face à la page blanche.

 

« They made me feel terrible and good at the same time, which was the way I felt most of the time anyhow. I went upstairs, pissed, brushed my teeth and got back into bed with Sarah. »

 

Mais le prolixe auteur ne reste jamais longtemps muet et la bouteille sera toujours là pour l’aider. Alors il reprend le process habituel : du vin et de la musique classique. L’histoire sera la sienne car Bukowski ne parle que de ce qu’il connaît, au final son scénario ne dénote pas du reste de son œuvre. Il répond ainsi à la commande initiale de manière très satisfaisante pour le producteur.

 

« Three things a man needed : faith, practice, and luck. »

 

La rédaction étant faite, voilà Hank et sa compagne Sarah plongés dans les affres d’Hollywood aux côtés du réalisateur Jon Pinchot (Barbet Schroeder). Si la boisson est une présence rassurante et omniprésente, le monde superficiel du cinéma à gros budget est un choc culturel pour Hank. Heureusement, Sarah semble plus à l’aise dans cet univers et use de son intelligence humaine pour faciliter les échanges. Hank, lui, se fout de tout, prenant de la distance et de la légèreté face aux contrariétés.

 

« Sometimes charm lessens when it gets too close to reality. »

 

Ce roman de Bukowski est assez différent du reste de son œuvre, il est plus lumineux de part les lieux qui occupent le récit, détachés des nécessités vitales du clochard sans le sou, mais toujours ancré dans l’univers déjanté de Hank. Cette histoire donne également une place de choix à un personnage féminin ce qui est plutôt rare dans la bibliographie de l’auteur.

 

« It suddenly seemend foolish to me that anybody wanted to know what I thought. The best part of a writer in on paper. The other part was usually nonsense. »

 

Une fois le livre terminé, regardez donc Barfly de Schroeder et vous aurez bouclé la boucle.

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