American Desperado, my life as a cocaïne cowboy. Jon Roberts & Evan Wright

Publié le par Tactile

Ce livre explosif est la biographie de Jon Roberts, né John Riccobono. C’est le fruit de trois années d’entretiens avec Evan Wright qui a compilé la riche histoire de Roberts, mené des interviews croisées, effectué des recherches et enrichit de faits avérés le récit quelque fois romancé de Jon. Si l’on peut émettre des doutes quand à la véracité de certains faits, il n’y en a aucun quand à la nature de Roberts : un véritable American Desperado.

John Riccobono né à New-York en 1948 d’une mère non italienne et d’un père sicilien : Nat Riccobono, un made-man du puissant clan Gambino. A l’âge de 7 ans, John assiste à son premier meurtre lorsque son père assassine en pleine rue et en plein jour un inconnu sans être inquiété ni poursuivit : l’impunité est une réalité. Dès lors, tout est possible pour ce gamin qui ne connait aucune morale. Lorsque son père est déporté en Sicile, il se retrouve sous la coupe de ses oncles, membres influents du clan Gambino.

Pendant ses jeunes années, John exerce sa violence au service de son ambition et surtout par pur plaisir. Il se plait à massacrer des gens à coups de batte ou d’armes à feu ; avec sa bande d’amis new-yorkais il vit de racket et d’extorsion principalement. À la suite d’un kidnapping et d’une arrestation, s’offre à lui le choix de la prison ou du Vietnam. Pour le psychopathe avide de sang qu’il est, c’est pour lui l’occasion de rêvée de tuer et de torturer des gens avec la bénédiction de l’oncle Sam.

« If you really want to hurt somebody with a baseball bat, aim for the knees. No matter how strong your victim, a blow to the knee will put him on the floor, and from there, he’s yours. »

Au Vietnam, John fera quatre longs tours. À son retour, il devient soldat du clan Gambino (racket, extorsion, enlèvements, meurtres, vols, blanchiment d’argent,...). Avec son ami Andy, il lance la Mafia dans le business des nightclubs à New-York où il fréquentera de nombreuses célébrités dont Hendrix ou OJ Simpson. Poursuivit pour meurtre en 1970 il quitte New-York et part refaire sa vie à Miami. Il redémarre à zéro comme jardinier mais très vite sa nature criminelle prend le dessus. Grâce à sa femme Phyllis issue d’une famille mafieuse il rentre en contact avec des trafiquants de cocaïne à Miami.

Rapidement Jon fait ses preuves dans le trafic de drogue, se montrant plus intelligent que violent, sachant se lier avec cubains, colombiens, financiers juifs, mafieux italiens, politiciens, riches junkies, juges, policiers et militaires. Son sens des relations et son expertise logistique font de lui un des hommes les plus importants du trafic de cocaïne aux USA (condamné pour 2,3 milliards de dollars de trafic de cocaïne). Ses talents ne passeront pas inaperçus puisque la CIA le fera travailler sur  la livraison d’armes illégales au Nicaragua et que le cartel de Medellin avec Don Ochoa et Pablo Escobar feront de lui leur top distributor en Amérique.

Une vie riche pour une histoire entrainante, pleine de piment et de traînées de sang. Jon Roberts relate ses anecdotes passionnantes tout en portant un regard lucide sur ce qu’il est. Pour des raisons judiciaires, ce livre omet certains faits mais Wright est là, en annotations pour affirmer, infirmer ou compléter les allégations de Jon. Au final on apprend beaucoup de choses sur le fonctionnement d’une mafia et d’un cartel.

La première partie du livre, celle de la construction du personnage est la partie la plus intéressante selon moi. La seconde est moins passionnante, axée sur les bisbilles entre membres du cartel ou les aspects logistique. Au final, ce récit est un manuel pour petit mafieux, il enseigne les erreurs à ne pas commettre et la façon d’évoluer à cette époque dans le milieu du grand banditisme. D’un point de vue littéraire c’est assez pauvre même si Jon balance quelques punchlines bien senties en guise de leçon apprises. Il faut le voir comme un documentaire richement garni de fait historiques, de personnages hauts en couleur et de récit rocambolesques. Un excellent bouquin pour ceux qui aiment ces sujets là.

Quelques conseils de l’ami John : « Gut a corpse before dumping it in water (otherwise, it won’t sink); don’t get close to women (they always turn on you); stamp on skulls with your heel rather than your toes (break a toe and you can’t walk) »

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