Un privé à Babylone. Richard Brautigan

Publié le par Tactile

Brautigan propose une parodie de polar centrée autour d’un personnage plutôt cocasse : C. Card, un détective privé. Privé, il l’est de tout ; d’affaires, de pognon, de belle secrétaire, de bureau, de voiture, de logement décent et même de balles pour son 38. Pourtant, un jour il se voit confier une affaire surprenante avec à la clef un paquet de fric ; il doit dérober le cadavre d'une prostituée.

San Fransisco, été 1942, les américains sont entrés en guerre et C. Card est rentré de celle d’Espagne avec une blessure honteuse. Difficile de s’en sortir quand chaque moment d’évasion englouti l’attention du détective ; si loin, si fort que plus rien d’autre que Babylone ne le concerne. Dans son monde imaginaire il est le héros de toute une nation.

De retour à la réalité, le privé doit d’abord trouver des balles pour son flingue. Surendetté, il ne reste plus que quelques personnes à qui il puisse quémander de quoi remplir cette mission, ensuite il sera riche et aura une belle secrétaire pas farouche. Voilà le plan. Gratter des balles au Sergent Rink et des espèces à son ami Pilon de la morgue.

Le client, ou plutôt la cliente n’est pas banale non plus. Il s’agit d’une belle dame élégante qui englouti bière sur bière sans en avoir l’effet diurétique. Son garde du corps est si massif qu’on l’appelle le Cou. Et puis il y a Sourire, un malfrat du rasoir et la mère de C. Card qui ne cesse de lui rappeler qu’il est responsable de la mort de son père.

Au bout du compte l’histoire se déroule merveilleusement bien et on pénètre dans la peau et les pensées du protagoniste. Le rythme est soutenu, entrecoupé seulement de passages dans Babylone, là où le héros l’est vraiment. Le mythe du flic raté est sûrement contemporain de Brautigan, il suffit de lire Himes par exemple pour en avoir l'équivalent en noir. Bien amené, un bon petit livre qui se dévore.

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