Deuils de miel. Franck Thilliez

Publié le par Tactile

Thilliez revient avec son personnage favori : Franck Sharko. Le fameux commissaire du 36 quai des Orfèvres est de nouveau le héros de cette histoire noire. Complètement détruit suite à la mort de sa femme et de sa fille, Sharko est en proie aux hallucinations, abus médicamenteux et autres élans suicidaires. Pourtant une nouvelle affaire se présente, plus macabre que les autres, saura t-il faire fi de ses démons pour résoudre l’énigme ?

« Del Piero palpait ses flancs à divers endroits, les pupilles portées vers nulle part. Des lanières de lumière chahutaient le cuivre de sa chevelure. Dans les tons orangés du couchant, avec ses mèches d’une humidité raffinée, les hommes devaient la trouver belle. »

L’affaire débute avec le cadavre nu et rasé d’une femme trouvé dans le confessionnal d’une église. Sa mort est la cause d’une implosion interne, comme si une bombe chimique avait fait exploser tous ses organes. Le mystère est entier jusqu’à ce que l’on remarque qu’un de ses doigts pointe une corniche dans l’église : l’enquête démarre sur un mystérieux message qui laisse présager une enquête fastidieuse.

« C’était un homme le torse à l’air, éreinté, accablé par les sécrétions de son corps, qui regagnait son appartement, bien seul au milieu de sa fatigue. Dans une poignée d’heures, cet homme-là arpenterait encore le pavé, sous la nuit lourde, avec cet espoir vain d’attraper, encore et encore, ces fantômes du crime qui empourpraient l’asphalte de leurs lames étincelantes. »

Le tueur est impitoyable, sa cruauté n’égale que son talent et le soin qu’il porte à ses œuvres macabres. Ce raffinement ne fait que rajouter de la tension à l’histoire. Sharko et ses collègues vont devoir payer de leur personne afin de résoudre cette affaire. Comme de coutume, le commissaire n’est pas du genre à suivre toutes les règles, l’urgence et le stress font parfois gagner en efficacité ; au grand damne de l’IGPS.

« Je le voulais face à moi, dans la pureté de mon ignorance. Je le voulais tel que je le concevais. Authentique. Beau et violent. Simple et abominable. Un être par-delà les frontières du bien et du mal. »

Ce roman noir est diaboliquement efficace. Le style de Thilliez est unique, puissant et il nous entraîne dans une course à la mort qui prend aux tripes. Il m’est arrivé d’être choqué et bouleversé à la lecture de certains passages de ce livre. On peut dire que l’Émotion défini l’Art. Thilliez : me soulève le cœur de ses mots : c’est de l’Art. Lisez les amis, lisez.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article