Haka. Caryl Férey

Publié le par Tactile

Haka est issu d’une série de Caryl Férey sur la Nouvelle-Zélande. Cet ouvrage est un thriller, pourtant, il relate également de politique, de sociologie, d’histoire et de cultures ostracisées : une signature stylistique. Tout commence à Auckland avec la découverte du cadavre d’une jeune polynésienne au sexe scalpé. Le crime est si choquant que l’on fait appel à Jack Fitzgerald, ce grand costaud écosso-maori n’est pas seulement un franc-tireur, c’est aussi le meilleur flic du pays.

« Les bouteilles de bon vin avaient donné du tanin à leurs mots. Edwyn était cultivé, éduqué et dépravé. Comme John. Leurs discussions n’avaient été que paraphrases alors qu’Eva rêvait tant de métaphores. »

Ce premier cadavre de femme sera très rapidement suivi d’un autre, également amputé de son sexe. Aucune piste, rien que de l’horreur à digérer pour ce vieux briscard de Jack et sa nouvelle équipière Ann Waitura, psychopathologue experte en criminologie. Fitzgerald s’occupe du terrain, du sale et du violent ; sa partenaire : du profilage du tueur.

« Dans la nuit épaisse, les lumières clignotaient comme des sémaphores arrachés à la terre. Ann quitta la voiture sans un mot. Son équipier pataugeait dans des songes interdits.

Jack Fitzgerald est un anti-héros bien sombre. Il y a vingt-cinq années de cela, alors qu’il était un jeune homme taiseux et sans histoires, sa femme et sa fille disparurent sans laisser de trace. Suite à ce drame il s’est engagé dans la police dans l’espoir de résoudre une enquête qui l’accapare temps et âme. Cette nouvelle affaire va montrer des similitudes avec la sienne alors Jack s’implique davantage.

« Jack resta agrippé aux vestiges de sa jeunesse, les yeux soumis à la lumière orangée de son cabinet secret. Au menu de sa bouche, bière et haschich. Brouiller les idées, mêler les événements, trouver la piste damnée, la solution au problème posé il y a si longtemps. L’alcool et la drogue aiguisèrent un moment ses sens. »

Au fil de l’enquête s’empilent les cadavres, le sang est la signature d’une violence qui se traduit à chaque page par des meurtres, des coups, des bagarres. Le style de Férey est sobre, percutant et ce roman-là revêt un style abstrait, poétique parfois qui le distingue des autres productions de Férey. Assurément réussi puisqu’il prend aux trippes.

« Fitzgerald avait toujours fait les mauvais choix. Sa vie n’avait jamais été qu’un labyrinthe fermé, une rue sans issue où il se terrait à la recherche de son propre cadavre. La fatalité le précédait toujours d’un pas, une seconde ou un sentiment. »

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