L’arbre à bouteilles. Joe R. Lansdale

Publié le par Tactile

Lansdale continue sa saga policière en compagnie de ses deux anti-héros déjantés : Leonard Pine, grand black homosexuel et son ami Hap Collins un texan blanc et hétéro. Leurs différences permettent d’évoquer librement tous les clichés communautaires dont eux même se fichent éperdument ce qui permet de dédramatiser toute forme de préjugés tout en se payant une bonne tranche de rire. Ce duo complémentaire se retrouve dans l’est du Texas pour assister aux funérailles de l’oncle Chester. Seul descendant direct, Leonard hérite d’une bicoque et de cent mille dollars. Voilà une sacrée bonne nouvelle pour nos deux ouvriers agricoles. A eux deux ils vont commencer à retaper la baraque et découvrir le quartier.

« Chaque fois que je vois une église, dit Leonard, je ne peux m'empêcher de penser qu'on apprend aux Blacks l'amour de Dieu pour leur faire accepter leurs malheurs. Ça me fout les boules. »

Pour voisinage Leonard hérite d’une crack house où les junkies noirs de la ville viennent acheter leur came et se défoncer. Tandis que les deux copains se mettent à l’ouvrage sur la bicoque de l’oncle Chester ils vont découvrir le cadavre découpé d’un enfant. De nombreux mystères viennent agrémenter cette découverte macabre et s’en suit un jeu d’énigmes créé par le tonton qui va les mener à une série de cadavres en morceaux. En parallèle Hap se met à la colle avec l’avocate de Chester, Florida Grange, une sublime afro-américaine qui lui explique à quel point les relations inter-ethniques sont complexes. Il y a aussi MeMaw la voisine handicapée, Hanson le flic, Fitzgerald le pasteur, Mohawk le dealer et la maison abandonnée des Hampstead.

« Putain, quelle journée ! Un bain à poil. Un cadavre. Une castagne. Et maintenant un pique-nique avec une belle femme, et une étoile filante ! Quoi, ensuite ? Une rencontre du troisième type ? »

Ce roman coloré et drôle conte une enquête d’amateurs menée de main de maître, le tout ponctué d’un humour décapant avec des dialogues savoureux. La relation amicale et sincère qu’entretiennent Leonard et Hap redonne foi en l’humanité et leur duo tient plus de la relation fraternelle qu’amicale. Le naturel qui entoure leur amitié met à bas tous les clichés ridicules de la société américaine et leur complémentarité fait d’eux un formidable enquêteur bicéphale. Le récit se déroule avec rythme et avec une logique limpide qui en rend la lecture très agréable.

« Le chien mourut. Quand mon père découvrit la vérité, il colla une branlée au type et il essaya même de lui faire avaler un bon mètre du manche de son râ-teau. Il finit par se servir de sa tête de nœud pour labourer ses parterres. Papa aimait les animaux. Mais il se foutait éperdument des pétunias. »

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article