The tin roof blowdown. James Lee Burke
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Katrina… joli prénom pour un désastre. Souvenez-vous, en août 2005 c’est en Louisiane que s’abat ce titanesque ouragan dont les vents violents arrachent les toits et dont les pluies diluviennes inondent jusqu’à leurs sommets, les immeubles. Katrina a été une calamité mais Rita a suivi tout de suite après et ça n’a guère été mieux. Au milieu de ces catastrophes : les destins se croisent et s’entrechoquent. Certains meurent, d’autres saisissent des opportunités ; c’est lors de ce genre d’événements que se révèle la véritable nature de l’Homme.
“ I work for a bond service. I don't need warrants. I can cross state lines, kick your door in, and rip your house apart. I can arrest and hold you anywhere I want, for as long as I want. Know why that is, Andre? When someone goes your bail, you become his property. And if this country respects anything, it's the ownership of property.”
Au cœur de la tempête Otis Baylor est reclus chez lui, sa maison est solide, protégée des inondations et sa femme Mélanie ainsi que leur fille Thelma sont abritées. Le voisin Tom Haggart est paré pour tuer tout cambrioleur qui poserait un orteil sur son gazon. Il faut dire qu’une fois Katrina passé, la ville est ravagée, les services de l’État débordés et les resquilleurs aux affuts. La maison d’en face, celle de Sidney Kovick, un mafieux sanguinaire est prise d’assaut par quatre afro-américains : les Frères Melancon (Bertrand et Eddy), ainsi que Kevin et André Ronchon leurs cousins.
“For those who do not like to brood upon the possibility of simian ancestry in the human gene pool or who genuinely believe that societal virtue grows from a collective impulse in the human breast, the events of the next few days would offer their sensibilities poor comfort.”
Les quatre pauvres bougres ne savent qui ils dépouillent et finissent par tomber sur un trésor de cash ainsi que des diamants. Alors qu’ils repartent de là, un coup de feu traverse la colonne vertébrale d’Eddy pour venir s’écrabouiller dans la cervelle de Kevin. André part en courant, reste Bertrand qui sauve son frère et l’amène aux urgences. C’est l’occasion de découvrir le délabrement du système social et de santé yankee, empreint d’un racisme systémique et qui devrait donner envie aux français de se battre pour préserver le leur…
“If by chance you hear a tape of the 911 cell phone calls from those attics, walk away from it as quickly as possible, unless you are willing to live with voices that will come aborning in your sleep for the rest of your life.”
Le fameux sheriff Dave Robicheaux, héros récurrent de Burke, vit un peu plus loin en Louisiane, dans le comté de New Iberia, au bord du bayou Teche. Lorsque sa boss, Helen Soileau le sollicite pour aider les services de la Nouvelle-Orléans il s’y emploie et se penche sur l’affaire Melancon. Très vite il soupçonne Otis Baylor d’avoir tiré sur les cambrioleurs et s’inquiète de l’identité du cambriolé, Kovick. Avec l’aide de son ami Clete Purcel, ils vont essayer de démêler une intrigue mêlant des personnages bien trop étrangers les uns les autres mais que la situation a rassemblé.
“Bertrand Melancon, three bench warrants, strong-arm robbery, intimidating witnesses, and general shithead behavior since he was first defecated into the world.”
Si Clete est un alcoolique invétéré, viré de la police et reconverti en privé, Dave a lâché la bibine et s’est posé. Il est éduqué, drôle, attentionné et prend le temps avant d’agir. Son sang-froid créé l’admiration et le respect de tous. C’est qu’à partir de la page 200 qu’il décide qu’on lui a trop menti et qu’il est temps de s’employer à d’autres méthodes. Il devra composer avec Bo Wiggings et Ronald Bledsoe, deux extravagants bandits tout en prenant soin de Bertrand Melancon dont la mafia veut la peau. Ce dernier veut aussi se repentir auprès de Thelma Baylor qu’il a violé avec son frère il y a des années.
“The problem in attitude and frame of reference is yours, not theirs. If you're a pro, you become laconic and impassive and turn their own energies against them.”
Le récit prend rapidement de l’épaisseur et s’étiole dans le delta du Mississipi en une myriade de sous-récits qui finiront par se jeter dans le même golf, celui du Mexique Donald, et celui de la grande histoire de ce livre. Dave est le narrateur à la première personne mais lorsque l’on suit d’autres personnages c’est écrit à la troisième personne. Beaucoup de slang et de culture cajun dans ce livre aux accents français. Burke prend le prétexte Katrina pour nous conter une histoire bien plus vaste : celle de sa région et de ses enjeux sociaux.
“You never deliberately hurt an innocent person in your life, Dave," she said. "You take on other people's suffering without their ever asking. Your greatest virtue is your greatest weakness."