Arab Jazz. Karim Miské
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Le titre pose la couleur dès le départ car il est un hommage à James Ellroy et son White Jazz, comprenez « un coup tordu monté par des blancs ». Référence illustre s’il en est, à l’image du protagoniste : Ahmed Taroudant, un arabe cultivé et oisif. A ses côté un duo de flics du 19° à Paris : Jean Hamelot et Rachel Kupferstein. Autour deux : un quator de jeunes filles, un autre composé de leurs grands frères jadis rapeurs désormais à fond dans la pratique religieuse. Se croisent des flics véreux, des imams, des rabins et des témoins de Jéhovah.
Ahmed est dans le non agir, c’est sa façon à lui d’exister dans la société, il s’y meut sans faire de vague, obnubilé par la littérature policière. M. Paul le libraire d’à côté le connaît bien et le conseille habilement. Ahmed remplit son appartement et ses journées de polars. Et puis il y a Laura Vignola, son intrigante voisine du dessus, une des rares personnes avec lesquelles il échange. Ils se comprennent et une tension séductrice se trame entre eux. Et puis un soir Ahmed découvre Laura assassinée dans une mise en scène effroyable. Il sent qu’on cherche à lui faire porter le chapeau.
Pourtant dès le départ Ahmed, se sent à l’aise avec le duo Jean et Rachel, et la lieutenante lui plaît même beaucoup. Il fait cependant un suspect idéal, coincé dans une intrigue où se mêle jeunesse innocente, religions toujours trop présentes, et petits coups fourrés de gangsters ou de flics médiocres. Un récit parfaitement bien amené et intelligent où les tournures de phrases de Miské sortent de l’ordinaire, frisent parfois le génie.