Les mécanos de Vénus. Joe R. Lansdale

Publié le par Tactile

Ce roman de Lansdale est le premier de la série mettant en scène Hap Collins (le narrateur) et son pote Leonard Pine. S’il n’y a pas un intérêt fondamental à lire ces productions dans l’ordre, un peu de logique permet de garder un fil conducteur et de faire le lien entre les histoires. Voici donc l’inséparable duo de redneck texans, sortis des champs pour l’hiver, en proie à l’oisiveté et aux loisirs yankees lorsqu’arrive Trudy. La superbe blonde fut la femme de Hap durant leur jeunesse beatnik-pacifiste-objecteurs de conscience.

« Trudy avait baisé avec moi comme si je l'avais payée pour ça et en me donnant l'impression qu'une flopée de clients l'attendaient encore, dont certains plus importants que moi. J'avais essayé de la faire jouir, mais c'était comme tenter de conquérir l'Everest en bermuda. »

Trudy n’est pas venue à la rencontre de Hap et de Leonard pour se rappeler à leur bon souvenir et si une partie de jambes en l’air fait toujours office de préalable à une négociation c’est bien un service qu’elle est venue demander. Il lui faut de l’aide pour récupérer un gros paquet de fric ensevelit quelque part dans les marécages bordant la Sabine. Ce coin là c’est celui où Hap a grandi : il le connaît par cœur. Leonard quant à lui, connaît la plongée scaphandre et son aide est essentielle pour trouver le magot.

« J'espérai que ça caillait tellement dans leur chambre que son vagin était pris dans la glace. »

Les deux copains n’ayant rien de mieux à faire, ils se jettent à l’eau et rejoignent l’aventure. Un petit groupe se forme autour de Trudy, son nouveau mari Howard, Chub et Paco. L’ambiance est étrange entre eux : les uns sont des révolutionnaires gaucho-écolos idéalistes venus des sixties, les autres sont pleinement pragmatiques alors les volontés comme les égos se froissent et ça n’est pas la sulfureuse Trudy qui permet d’aplanir les angles.

« L'opinion qu'il avait de Howard devait être nettement meilleure que la nôtre, à Leonard et moi. Pour ma part, s'il avait été en feu, au pire je ne lui aurais même pas pissé dessus pour le sauver, et au mieux j'aurais éteint les flammes à coups de pied. »

Dans ce premier roman Collins/Pine, Lansdale campe un décors texan typique, rural et un peu déglingué. Il installe aussi deux personnages très forts, différents mais complémentaires dont la fidélité n’a d’égal que leur amitié. Le style est direct, rempli de tournures très drôles et de bons mots. Les dialogues sont des punchlines et les vannes des uppercuts. Le rythme de l’histoire est varié, alternant les phases d’actions et celles plus lentes de réflexions philosophiques.

« Avant que la télévision ne lui décoche un méchant crochet du gauche et que, des années plus tard, les cassettes vidéo ne l'achèvent d'un violent coup au plexus, c'était le rendez-vous branché de la ville. Mais, aujourd'hui, ce n'était plus qu'une ruine en attente des démolisseurs. »

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