Tsunami Mexicain. Joe R. Lansdale
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Vous ne vous en lasserez pas, revoilà Hap et Leonard, les deux héros préférés de Joe R. Lansdale. Tsunami Mexicain est sûrement le plus fou de la série tant les personnages bons et méchants sont déjantés et les décors variés. Tout commence au Texas, dans une usine de transformation de poulets où Hap et Léonard travaillent comme veilleurs de nuit. Leur mission, d’une très haute importance consiste à protéger les secrets de fabrication de l’usine ainsi que ses gallinacés qui en font sa fortune. Si Leonard a un nouveau compagnon dans sa vie (John) il reste autant fauché que son ami Hap, lequel se morfond dans sa piaule déglinguée et sans Bret qui l’a délaissée pour s’occuper de sa fille prostituée. Plus mélancolique que jamais, le voilà à broyer du noir, noyé dans la solitude.
« J'avais commencé à me faire à l'idée que, dorénavant, j'allais vivre une vie de célibataire. Le sexe et la transformation des poulets. Deux des grands mystères de la vie. »
Au petit matin d’une nuit de travail abrutissante, Hap rentre à sa voiture lorsqu’il entend une jeune fille se faire tabasser. Bien qu’armé pour le job, il se jette à poings nus sur l’agresseur qui s’avère plus coriace qu’il n’y paraissait. Il a beau taper, le type est chargé comme une mule mexicaine et aucun coup ne semble l’arrêter. La lutte est rude mais il parvient à maîtriser son adversaire. La victime est dans un état critique : un œil de perdu, le visage brisé et la vie en suspens. Il s’avère que cette jeune femme est la fille de Elmer Bond le patron de l’usine et il tient à remercier Hap avec un chèque de 100 000$ ainsi que des vacances bien méritées. Ce dernier refuse d’abord et puis cède devant l’insistance de son patron.
« Est-ce que quelqu'un s'était dit un jour : « Bon sang, qu'est-ce qu'il est chouette, ce coin ! On s'y pose. » À mes yeux, ça ressemblait surtout à l'endroit où le diable venait chier. »
Avec son chèque et ses vacances, Hap va emmener Leonard en voyage et bien sûr les coups durs vont leur pleuvoir sur la gueule sinon y’aurait tout simplement pas d’histoire à raconter. Les deux larrons partent en croisière et embarquent pour le début des emmerdes. Le rafiot que John leur a dégotté est miteux, la météo intraitable pour les marins d’eau douce qu’ils sont et le personnel exécrable. Débarqués à Playa del Carmen sur la péninsule du Yucatan ils loupent le départ de leur bateau de croisière et se retrouver coincés au Mexique. Chouette pays mais quand on a la poisse c’est l’enfer. Coups de couteau, de machette, vol de leurs affaires, rencontres vénéneuses et mafia à tous les étages : les vacances s’annoncent peu reposantes (pour notre plus grand divertissement).
« Ça m'aurait plu aussi d'avoir dix piges de moins, d'être plus beau, de me balader avec cinq millions de dollars en poche, dix centimètres de bite supplémentaires et une chevelure un peu plus fournie. Et tant que j'y étais, j'ajoutai à cette liste un sandwich au pastrami avec du pain au levain ainsi que l’immortalité »
Lansdale nous ressert tous les personnages encore en vie de ses précédents romans de la série : les ex flics Charlie et Hanson, Jim Bob aussi, Brett évidemment. Ça cogne fort, ça rigole haut, et ça aime ses proches par-dessus tout. La relation entre Hap et Leonard ne fait que s’intensifier et j’aurai presque aimé alterner la narration pour la donner à Leonard. Plus drôle et violent, immodéré et parfois sombre, on aimerait entrer dans sa tête de temps en temps pour y contempler la noirceur de son âme. Vraiment le roman le plus réussit de la série.
« Si Dieu existe, alors qu'il nous explique pourquoi des bébés naissent avec le sida. »