Vanilla Ride. Joe R. Lansdale
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Petit message de Joe R. Lansdale pour nous remercier, bande de fous que nous sommes et ça fait plaisir.
« Pour tous les fans d'Hap et de Leonard.
Que soient bénis vos petits cœurs bizarroïdes. »
Les bons livres c’est comme les bonnes recettes quand c’est savoureux on a tendance à peu changer la tambouille. Aussi revoilà l’habituelle régalade composée de Leonard Pine et Hap Collins, le narrateur. Comme souvent, l’un des deux se retrouve solo, ici Leonard dont John s’éloigne après une épiphanie et puis Hap se met en tête de sauver une nouvelle femme en détresse : une manie chez ce cœur tendre qui se finit systématiquement par une pluie de coups durs et un empilement de cadavres.
« Le cabot en question était de taille moyenne, d'un jaune sale, et on aurait dit qu'il chiait son dernier repas. Il poussait tellement fort pour extraire ses étrons que, putain, ses yeux étaient à deux doigts de se croiser. Il avait un air de concentration extrême, comme s'il n'allait pas tarder à résoudre les problèmes posés par la théorie de la relativité. »
Petite énumération des femmes auxquelles nos deux héros viennent à la rescousse durant la série de Lansdale. Il y’a tout d’abord Trudy la première femme de Hap, la fille de Brett, Florida Grange l’avocate, Béatrice la mexicaine, la fille de Elmer Bond et pour cette occasion : Julie alias Gadget Hanson la petite fille de leur ami Marvin. Cette dernière est tombée dans les stups et s’est mise à la colle avec un dealer tendance poing dans la gueule. Hanson ne peut pas agir puisqu’après son grave accident de voiture et un long coma, il remarche à peine. Pourtant ça ne l’empêche d’aller tabasser le dealer Tanedrue à coups de canne ce qui ne suffira pas à ramener Gadget. Il sollicite alors ses amis Hap et Leonard.
« On a plus ou moins suivi notre plan habituel, repris-je. On a juste débarqué là-bas et on a pété la gueule à tout le monde, on a jeté un clébard par la fenêtre, logé une balle dans la jambe d'un mec et défoncé le lambris. Bon, ç'a été un peu plus sauvage que ce qu'on avait prévu. »
Chevaleresque jusqu’à la moelle les deux larrons n’hésitent pas. Marvin les briefe à la légère, omettant quelques dangers. Hap et Leonard débarquent chez les dealers, pètent tout et tout le monde, récupèrent la petite et repartent sereinement. Une partie de plaisir. Pourtant ils ont mis le pied dans un sac de nœuds qui implique le FBI, flics locaux corrompus et la Dixie Mafia (nazis sudistes). Drogue et pognon : la sauce magique pour s’attirer des emmerdes et ça tombe bien il se trouve que c’est le condiment préféré de nos deux bargeots.
« Pour être honnête, si je n'avais pas eu besoin d'argent, j'aurais volontiers passé ma vie a traînasser, sans jamais bosser. J'aurais dû en avoir honte, mais c'était loin d'être le cas. »
Avec ce récit entraînant comme d’habitude et particulièrement sanglant, Hap et Leonard vont retrouver leur vieil ami Jim Bob, rencontrer un sacré phénomène du nom de Tonto et Brett va également les accompagner dans cette épopée. Tous les traits de caractère des protagonistes sont bien là et l’humour se taille une place de choix entre une baston et une réflexion philosophique. C’est à noter : lorsqu’ils sont nerveux Hap et Leonard deviennent de grandes gueules très comiques ; c’est leur style, leur signature. Brett partage aussi se trait de caractère ce qui rend le récit vif et drôle tout en marquant l’histoire de lettres de sang.
« Ma vie avait été trop chargée de bagarres, de sang et de nuages de poudre. Je rêvais de m'enfuir avec Brett sur une île déserte où on se gaverait de noix de coco et où on baiserait à en mourir. Je rêvais de ne plus jamais avoir à frapper quelqu'un. De ne plus jamais voir un flingue, même de loin, pas même en photo dans un magazine. Je ne voulais plus me mettre en rogne. Ne plus jamais avoir à m'inquiéter pour mon code d'honneur. Ne plus m'en faire. Je rêvais même de ne plus jamais revoir Leonard. »