Souvenirs de la maison des morts. Fiodor Dostoïevski

Publié le par Tactile

scqsc.jpgArrêté pour écrits subversifs au sein d'un cercle littéraire de progressistes, Dostoïevski est condamné à la peine de mort. Après un simulacre d'exécution en guise de farce il est envoyé au goulag en tant que prisonnier de droit commun. Une nécessaire préface par Claude Roy nous éclaire sur le contexte et le revirement de personnalité de l'auteur et il est indispensable de ne pas en faire l'impasse lors de la première lecture.

Au fin de des rudesses de la Sibérie, l'auteur se retrouve exposé à une contre société dont il fait désormais partie des parias. De bourgeois intellectuel il se retrouvera acculé dans le rôle d'infâme, rejette par ses co-détenus qui lui reprochent son sang et son rang. Qu'il est difficile pour lui de se retrouver sous le couvert d'un feu nourrit de reproches et de petites vengeances. Outre les conditions misérables de la vie au goulag, il ressent plus que jamais l'isolement sans pour autant pouvoir se retrancher dans la salvatrice solitude de l'introspection. A aucun moment durant ses 5 ans de bagne il ne pu se retrouver seul, en intimité ce qui fu pour lui un de ses plus grands tourments.

Dostoïevski décrit également l'organisation du bagne qui fonctionne comme tout autre société avec ses codes et ses lois propres. Tout en poursuivant son analyse, l'auteur ponctue le discours d'histoire plus ou moins burlesques, parfois violentes. Il fait preuve de beaucoup de résignation et de sérénité jusqu'à tendre à l'acceptation de sa condamnation au nom de la raison d'Etat.

"Nos forçats comme presque tous les gens du peuple sont prêts à oublier les pires tourments pour une bonne parole"

Ce livre est à la croisée des chemins entre Primo Levi (Se questo è un uomo) et les romans contemporains sur les prisons américaines. Le style n'est pas pompeux, plutôt agréable bien que très sobre et le tout donne un livre très facile à lire. Une bonne première approche d'un auteur dont le nom m'évoque les affres d'une lecture laborieuse.

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